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Mobilisation lycéenne : les élèves de Limoges témoignent

Mobilisation lycéenne : les élèves de Limoges témoignent

Photo à la Une : Mobilisation lycéenne devant le lycée Léonard Limosin à Limoges, jeudi 1er octobre 2026. Crédit : Charline Deau – RCF Limousin.

La mobilisation lycéenne a gagné le Limousin le 1er octobre 2026. À Limoges, plusieurs établissements ont été concernés par des rassemblements et des tentatives de blocage, avant qu’un important cortège ne rejoigne le centre-ville.

Classes surchargées, absences de professeurs, emplois du temps jugés trop lourds ou encore Parcoursup : les lycéens dénoncent leurs conditions d’études et demandent des réponses concrètes. La présence des forces de l’ordre autour de certains établissements a également suscité des réactions contrastées parmi les élèves.

Dans ce reportage, des lycéens de Limoges témoignent de leurs revendications, tandis que Christophe Guy, proviseur de la Cité Scolaire Léonard Limosin, revient sur la gestion de la mobilisation au sein de son établissement.

Une nouvelle journée de mobilisation est annoncée mardi 6 octobre 2026.

Des témoignages recueillis par Charline Deau de RCF Limousin. Montage réalisé par Yasmine Kichou pour Kaolin.

Limoges : 12 mineurs poursuivis après la manifestation lycéenne du 2 octobre

Le parquet de Limoges a annoncé des suites judiciaires après les incidents survenus en marge de la mobilisation lycéenne du vendredi 2 octobre. Douze adolescents ont été interpellés au cours de cette journée. Tous ont été placés en garde à vue et font désormais l’objet de poursuites.

Neuf adolescents présentés à un juge des enfants

Parmi les douze mineurs concernés, neuf ont été présentés samedi 3 octobre à un juge des enfants. Le parquet souhaite notamment que leur éventuel contrôle judiciaire soit assorti de plusieurs obligations, parmi lesquelles un couvre-feu, des mesures de réparation et une interdiction de se rendre dans certains lieux, dans l’attente de leur jugement.

Les trois autres adolescents ont été orientés vers une procédure de composition pénale devant un délégué du procureur. Cette procédure, qui constitue une alternative aux poursuites sous certaines conditions, prévoit notamment pour eux un travail non rémunéré à effectuer dans les trois mois ainsi que l’indemnisation des victimes. Elle peut concerner les mineurs âgés d’au moins 13 ans lorsqu’ils reconnaissent les faits qui leur sont reprochés.

Des violences reprochées à certains participants

Ces décisions font suite aux interpellations réalisées vendredi 2 octobre, alors que plusieurs lycées de Limoges étaient concernés par des blocages. Dans son communiqué, la procureure de Limoges Emilie Abrantes évoque notamment des jets d’objets en direction de policiers.

La journée faisait suite à une première mobilisation importante jeudi 1er octobre. Entre 1 000 et 2 000 lycéens avaient alors défilé dans les rues de Limoges. Cinq établissements avaient été concernés par des blocages. Les jeunes mobilisés dénonçaient notamment les absences de professeurs, les effectifs jugés trop importants dans certaines classes et des conditions d’étude qu’ils estiment difficiles.

Vendredi, environ une centaine de jeunes ont participé à cette deuxième journée de mobilisation. Si l’essentiel du rassemblement s’est déroulé sans incident majeur, plusieurs poubelles ont été incendiées et un jeune homme de 19 ans a été blessé.

Le parquet rappelle les conséquences judiciaires

À la suite de ces événements, le parquet de Limoges rappelle que certains comportements commis pendant une manifestation peuvent entraîner des poursuites, y compris lorsqu’ils concernent des mineurs. Sont notamment visés les faits de violences contre les forces de l’ordre ou le personnel enseignant, les destructions commises dans des circonstances dangereuses et la participation à un attroupement armé.

La procureure précise que tout mineur dont la participation à ce type de faits serait établie pourrait être présenté à la justice à l’issue de sa garde à vue.

Le parquet rappelle également la responsabilité civile des parents. En application de l’article 1242 du Code civil, ils peuvent être tenus responsables des dommages causés par leur enfant mineur, sans qu’une faute de surveillance ou d’éducation ait à être démontrée.

Ces annonces judiciaires interviennent alors qu’une nouvelle mobilisation lycéenne est prévue à Limoges ce mardi 6 octobre, de 8 h à 18 h.

Yasmine Kichou

Journaliste

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